mardi 22 avril 2008
vendredi 18 avril 2008
(Chose vue) La femme est un panier en plastique dans une main et celle de l’enfant dans l’autre. Les produits sur la liste de courses sont dans la corbeille. La femme et l’enfant patientent devant la caisse dont le tapis roulant noir est à peine à deux mètres, trois autres panières vertes et remplies. L’enfant s’impatiente et la femme se dit que, décidément, choisir la bonne file. L’enfant trépigne et la femme s’impatiente. La femme n’aime pas l’enfant quand l’enfant joue trop l’enfant. L’enfant sautille, presse la femme de questions sur le temps à attendre. La femme ne répond pas aux questions de l’enfant. L’attention de l’enfant est détournée par les magazines colorés étalés sur le présentoir en plastique blanc, juste au-dessus des sucreries diverses dont toutes les vertus revendiquées sont imprimées sur les paquetages colorés. La femme transvase enfin les différents produits du panier vert, qu’elle encastrera ensuite dans la pile déjà constituée devant elle, au tapis roulant noir actionné par le caissier. Elle les rangera ensuite dans des sacs en plastique blanc et épais, et garde un œil sur l’enfant agitée. La femme regarde le ticket et lit. Mag : 2971 Term 0007 Op : 10012 Tick : 88136 le 17/04/08 À 19:55 Ce ticket vaut bon de garantie. À conserver. Du 11 au 22 mars 2008 dans votre supermarché le grand jeu roll over (1 euro = 6.55957) Merci de votre confiance. À bientôt. Les Mousquetaires. La femme empoche le ticket et prend la main de l’enfant avant de traverser la rue.
mercredi 16 avril 2008
(Chose vue) Dans le jardin des Plantes les fleurs sont encore fermées, le sol labouré, et la terre humide, fraîche. Mais les fleurs. La femme et l’enfant la main dans la main l’une et l’autre dépassent la grille de fer forgée ; elles ne s’arrêtent à la mosquée. La femme ne dit à l’enfant que derrière les murs blancs et opaques du bâtiment les gâteaux sont sucrés et le thé agréable. L’enfant ne sait pas les gâteaux et le thé dans les tasses fines et traîne les deux pieds dans le jardin des Plantes ; la femme ne veut pas entrer dans la mosquée. Les pieds de l’enfant soulèvent la poussière. La femme ne veut pas s’asseoir avec l’enfant à la terrasse de la mosquée et expliquer les moucharabiés. La femme souhaite marcher les allées du jardin et sourire de se trouver comme chaque année face à cette arbre tordu. Un platane. La femme montre l’arbre à l’enfant. La femme dit à l’enfant : cet arbre est un platane. L’enfant et la femme sont les mains mélangées et regardent le platane à la drôle d’excroissance et la femme et l’enfant s’assoient sur le banc à quelques mètres de l’arbre. La femme passait des saisons entières sur ce banc à lire et regarder. La femme se souvient. L’enfant n’existait pas. La femme se promenait dans le jardin des Plantes les pieds de l’enfant ne soulevaient aucune poussière. La femme marchait dans les allées du parc. La femme regardait les clématites qui suffisaient à la remplir de bonheur. La femme oubliait les clématites, l’enfant ne connaît pas les clématites.